En bref
Qu’est-ce que la scagliola ?
Il s’agit d’un matériau solide, teinté dans la masse, fabriqué par les stucateurs pour imiter les marbres et autres pierres dures. A l’origine, ce sont les difficultés d’extraction de larges panneaux de marbre et les coûts conséquents qui ont favorisé l’essor de cette technique.
Depuis quand en fabrique-t-on ?
On considère que l’origine du stuc-marbre et de la scagliola remonte à 1590, quand Blausius Pfeiffer réalise intégralement l’intérieur de la Reiche Kapelle dans la Münchner Residenz, pour le compte de Maximilien 1er de Bavière.
Dans l’antiquité Grecque, des artisans produisaient déjà un marbre artificiel blanc “brillant comme un miroir”. Vitruvius et Pline l’ancien y font référence dans leurs écrits et indiquent que les Romains étaient particulièrement friands de ces réalisations.
Où en trouve-t-on ?
La scagliola s’est largement répandue en Europe depuis la période Baroque, pour ensuite conquérir d’autres continents. On en trouve des exemples dans de beaux palais et édifices prestigieux, religieux, culturels, institutionnels, tels que : Le Louvre (Paris), Buckingham Palace (Londres), Asamkirche (Munich), église St Nicolas (Prague), le Kremlin (Moscou), le palais Beylerbeyi (Istanbul), le Capitol (Washington DC)… mais aussi dans de nombreux théatres, salles d’opéra, et immeubles d’habitation, souvent à l’insu de leurs propriétaires…
Quels sont les types de réalisations ?
Dès sa découverte, la fabrication s’est divisée en deux groupes de réalisations.
La première, très figurative, décorative et graphique, est exécutée sur des panneaux plans et imite les “Pietre Dure” (marqueteries de pierres populaires depuis la période Medicis). On la retrouve souvent sur des autels d’église, des dessus de tables ou dans des éléments de décors. Le terme italien de “Scagliola” désigne habituellement ce type de production.
La seconde - et plus vaste - famille permet la réalisation d’éléments d’architecture comme des colonnes, des murs, des sols, et parfois des intérieurs complets. Les Européens qualifient généralement cette production de “stuc-marbre”.
Outre-Manche et outre-Atlantique, le mot “Scagliola” est utilisé indifféremment pour désigner l’une ou l’autre des familles de réalisations. Comme je m’autorise les deux techniques et pour éviter les malentendus avec le “stuc” souvent trompeur et désignant d’autres réalisations, j’ai retenu le terme de Scagliola pour désigner la matière de mes oeuvres.
Comment peut-on la fabriquer ?
Depuis 1590 les recettes et techniques sont restées jalousement gardées par les stucateurs. De nos jours cependant, il est facile de trouver la liste des ingrédients (plâtre, pigments en poudre et colle animal) ; la réalisation et la maîtrise du procédé reste en revanche longue et exigeante.
Les ingrédients d’abord mélangés en plusieurs pâtes de différentes couleurs sont ensuite assemblés pour former les veines du marbre recherché, puis déposés sur la surface à couvrir. Après le durcissement de la préparation, arrivent les longues - mais exaltantes - étapes de polissage qui font apparaître les motifs, puis le brillant final.
C’est avec beaucoup de respect pour les stucateurs de jadis et une profonde humilité que j’accomplis leurs gestes et m’approprie leur technique, afin d’exprimer, dans mon propre langage et dans une totale liberté, mon message artistique.